Une bête immonde.

J’en ai marre de cette foutue hypocrisie. On prétend tous à autre chose, alors que dans le fond, on sait bien la couleur de nos pensées, de notre être. J’en peux plus du mensonge, il m’asphyxie. Je veux que ça sorte, bien fort, une bonne fois pour toutes. Comment veux-tu que je passe à autre chose, si en moi, je garde le poison du passé ? Oui, je suis une bête immonde. Je n’ai plus peur de le dire bien haut et fort. Un pervers de haut voltige, un cochon qui couine même dans la nuit.

Que crois-tu qu’il m’arrive de faire lorsque tous s’endorment et qu’ils pensent que je fais de même ? Je me détache de mon satané masque et me regarde dans le miroir jusqu’à me reconnaître, jusqu’à retrouver mon essence première. Dis-moi, est-il normal d’attendre la nuit pour se dévoiler ? Je ne sais pas ce que tu en penses, mais en moi, je ne peux accepter une telle réalité. Je n’ai plus envie de vivre masqué, d’avoir à me détacher de ma richesse intérieure. Ça me fatigue de trop, de jouer ce jeu alors que je sais qu’on est tous des acteurs. J’ai sincèrement envie d’arrêter, de m’en détacher… Si seulement…

Une fois seul, c’est alors que tout s’effondre. Les yeux se relâchent, ils versent des torrents de larmes. À qui veux-tu te confier, qui pourrait sincèrement te comprendre ? Et puis c’est tellement dur à exprimer, à trouver les mots pour espérer, peut-être, être compris. C’est presque de la folie, une sombre utopie ! J’ai essayé plusieurs fois, de me délivrer, de laisser les mots couler et vous savez ce qu’il en a résulté ? Du mépris, un regard de juge, froid, accusateur comme si je n’étais pas victime de moi-même, mais un monstre prenant un malin plaisir à se faire souffrir, lui et ceux qui l’entourent.

Pour tout vous dire, mes écarts me font du mal, bien plus que vous ne pouvez le penser. Ils me travaillent tellement fortement que je n’arrive plus à trouver le sommeil. J’ai tout essayé, absolument tout, pourtant mes yeux se cernent. Ça ronge de se savoir imparfait, mais surtout de commettre des imperfections. C’est vrai, tout s’apprend, et il serait peut-être temps d’apprendre à s’accepter qu’importe la couleur qu’on arrive à exprimer.

J’ai ce désir de ne plus laisser mes mauvaises pensées me peser, et de ne plus permettre à quiconque, moi compris, de me juger. Je sais que tout est cheminement, que tout prendra sens et se résorbera au bon moment. C’est tout un travail, vous savez, que de se savoir immonde, de l’accepter en cherchant à chaque instant de se rapprocher d’une plus belle réalité. Il faut être tombé pour pouvoir se relever.

Écrit le 06 janvier 2022.

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