Ecrits de passage

Sans pouvoir l’exprimer.

Parfois, les mots me manquent. Il me devient impossible d’écrire en des phrases ces émotions inaudibles ressenties à l’intérieur. Ce petit bonheur au réveil qui inonde le cœur et les pensées et qui pousse d’une manière ou d’une autre à son expression. On se sent si léger, heureux comme si la vie nous souriait. Alors à notre tour, on ne cesse de sourire, un peu bêtement, sans pouvoir l’expliquer.

Mais, toujours, les mots manquent comme s’il était impossible d’expliquer par la raison et le bon sens cette émotion, comme si les mots empêchaient sa pleine expression ou alors serait-ce la pudeur qui voile, inconsciemment, la conscience pour ne point révéler trop la teneur du cœur ?

À quoi bon autant s’interroger ? Le bonheur se suffit à lui-même. Il est si dur à atteindre. Pourquoi tenter d’inviter la raison plutôt que de pleinement profiter de ces instants en suspens, de ces plaisirs si rarement présents ?

La seule peine qui persiste est qu’il m’est impossible de partager ce sentiment, impossible de faire part à autrui de cet intérieur flamboyant. Qu’il est dommage de garder seulement pour soi les joyaux que la vie, sur le chemin de notre légende personnelle, nous offre en récompense.

Je me laisse prendre par ce sentiment heureux, je ferme les yeux et le laisse entièrement prendre possession de moi. J’inspire fortement comme si l’air entier en était imprégné et que chaque inspiration faisait grandir sa taille. Des images m’apparaissent en pensées, mes lèvres laissent apparaître mes dents en un sourire d’enfant. Tout ça semble si réel, et si irréel à la fois. J’exprime en des gestes tout ce qui naît en moi à celle qui m’apparaît n’ayant que le silence à lui offrir. Peut-être est-ce cela, les plus grandes joies comme les plus grandes peines se vivent dans le silence, sans mot capable de les exprimer.

Écrit le mardi 14 décembre 2021.

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